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Une protrusion correspond à une saillie anormale d'un organe. De manière imagée, elle s'assimile à une poussée vers l'avant d'un organe, suite à un mécanisme de compression de l'organe. Différents types de protrusion sont connus selon l'organe concerné. Les protrusions peuvent avoir des causes multiples. En fonction du type de protrusion et de son intensité, les conséquences pour le patient sont très variables. La prise en charge des patients est donc adaptée à chaque type de protrusion et à l'état de santé spécifique du patient.

Protrusion : différent types

En théorie, tous les organes peuvent être le siège d'une protrusion. L'image d'une protrusion est une poussée anormale vers l'avant d'un organe. Les principaux types de protrusion rencontrés fréquemment sont :

  • la protrusion linguale (protrusion de la langue) ;
  • la protrusion du globe oculaire appelée l'exophtalmie ;
  • la protrusion cérébrale appelée l'engagement cérébral ;
  • la protrusion acétabulaire (protrusion de l'acetabulum) ;
  • la protrusion discale (protrusion des disques intervertébraux).

Protrusion linguale

La protrusion linguale est étroitement associée à la trisomie 21 (anomalie génétique héréditaire touchant la 21ème paire de chromosomes). Plusieurs facteurs peuvent expliquer l'existence d'une protrusion linguale chez les enfants porteurs d'une trisomie 21 :

  • Le palais est dur, plus petit et plus courbé que la moyenne. La langue dispose ainsi d'un espace plus restreint, ce qui génère la protrusion linguale.
  • La protrusion peut résulter d'une mauvaise coordination entre les mouvements de la langue et de la mâchoire.
  • Une obstruction des voies aériennes liée à une infection ou au gonflement des amygdales peut engendrer ou aggraver la protrusion linguale.

Parfois, la protrusion linguale est assimilée à tort à une macroglossie (langue anormalement grande). La protrusion linguale est renforcée par un faible tonus musculaire de la langue et par les difficultés de coordination des mouvements de la langue, phénomènes fréquents chez les enfants porteurs de trisomie 21.

En pratique, la protrusion linguale se manifeste par une impression de langue qui sort, fréquente mais non systématique chez les enfants porteurs de trisomie 21. Au fil des années, ces enfants apprennent à contrôler la protrusion linguale, qui disparaît ainsi progressivement.

Pour aider l'enfant atteint de protrusion linguale, l'orthophoniste et l'ergothérapeute proposent aux enfants des exercices adaptés pour :

  • développer le tonus musculaire de la bouche ;
  • coordonner la mâchoire et la langue ;
  • développer les mouvements des lèvres.

Protrusion du globe oculaire ou l'exophtalmie

La protrusion du globe oculaire, communément appelée l'exophtalmie, est liée à une augmentation anormale du contenu du globe oculaire, entraînant une poussée du globe oculaire au-delà de l'orbite oculaire. Elle peut être unilatérale (touchant un seul œil) ou bilatérale (touchant les deux yeux).

Les causes de l'exophtalmie sont multiples :

  • des pathologies de la thyroïde, le plus souvent les hyperthyroïdies ;
  • des orbitopathies inflammatoires chroniques idiopathiques (sans cause connue) ou associées à des maladies auto-immunes ;
  • une infection (ethmoïdite de l'adolescent, hydatidose) ;
  • une tumeur orbitaire (bénigne ou maligne, localisée ou diffuse) ;
  • une fistule carotido-caverneuse (séquelle d'un traumatisme crânien) ;
  • un traumatisme oculaire.

L'exophtalmie provoque une gêne fonctionnelle et esthétique pour le patient. Selon la cause de l'exophtalmie, ces symptômes peuvent s'accompagner d'autres signes caractéristiques oculaires :

  • ptosis : chute d'une paupière ;
  • rétraction palpébrale : rétractation d'une paupière ;
  • ou de caractéristique non oculaires. 

Le diagnostic de l'exophtalmie se base principalement sur un examen ophtalmologique spécifique (exophtalmométrie) et sur des techniques d'imagerie (scanner, IRM (imagerie par résonance magnétique) ou échographie Doppler). D'autres examens complémentaires peuvent être prescrits pour déterminer la cause de l'exophtalmie (dosages sanguins, biopsies).

Le traitement de l'exophtalmie est adapté en fonction de la cause précise de l'exophtalmie. La prise en charge de l'exophtalmie proprement dite peut comporter :

  • un traitement médicamenteux (corticoïdes en cas d'inflammation, antibiotiques en cas d'infection, chimiothérapie en cas de tumeur) ;
  • une radiothérapie ;
  • un traitement chirurgical.

Protrusion cérébrale ou l'engagement cérébral

Le cerveau est enfermé dans la boîte crânienne, au sein de laquelle se trouvent plusieurs compartiments renfermant les différentes structures cérébrales. Lorsque l'une de ces structures s'accroît anormalement ou qu'un phénomène de compression apparaît, une protrusion de certaines structures cérébrales peut se produire de leur compartiment d'origine vers le ou les compartiments voisins. Ce phénomène est appelé la protrusion cérébrale ou l'engagement cérébral.

Les principales causes de la protrusion cérébrale sont :

La protrusion cérébrale est un phénomène grave, dont les conséquences peuvent entraîner le décès du patient :

  • Une hypertension intracrânienne est liée directement au phénomène de compression à l'origine de la protrusion.
  • Une altération voire une perte de fonctions (impotence d'un membre, perte de sensations) peut résulter de la compression de certaines structures cérébrales.
  • La compression de certains centres nerveux peut provoquer des convulsions, voire un coma.
  • La compression de structures cérébrales vitales provoque la mort du patient à brève échéance.

La protrusion cérébrale peut être localisée à une structure cérébrale ou s'étendre à plusieurs structures cérébrales. L'hypertension intracrânienne peut être prise en charge par des médicaments spécifiques, mais l'urgence est de traiter l'origine de la protrusion. Une intervention neurochirurgicale est nécessaire en urgence pour éliminer la protrusion.

Protrusion acétabulaire

La protrusion acétabulaire est la protrusion de l'acetabulum (surface articulaire de l'os iliaque). La protrusion acétabulaire constitue l'un des mécanismes pathologiques de la coxarthrose (arthrose de la hanche ou arthrose de l'articulation coxo-fémorale). Elle est impliquée dans 5 à 8 % des coxarthroses, notamment chez les femmes et souvent dans les formes bilatérales.

La protrusion acétabulaire est une anomalie structurelle de la hanche (malformation de la hanche appelée une dysplasie interne). Elle se matérialise par un acetabulum trop profond par rapport à la normale, la hanche est ainsi trop profonde. L'origine exacte de cette protrusion reste inconnue à ce jour.

La coxarthrose résultant d'une protrusion acétabulaire présente les caractéristiques suivantes :

  • une évolution généralement lente ;
  • une limitation de la mobilité de la hanche avec des douleurs faibles au départ ;
  • l'aggravation des douleurs avec l'évolution progressive de l'arthrose.

La protrusion acétabulaire est mise en évidence par l'ausculation et par une radiographie du bassin. La chirurgie ne permet pas de réparer une protrusion acétabulaire. La prise en charge de la protrusion acétabulaire comporte plusieurs aspects :

  • des traitements anti-arthrosiques pour retarder l'évolution de l'arthrose ;
  • la pose d'une prothèse totale de hanche lorsque la coxarthrose est trop développée ;
  • une greffe osseuse préalable à la pose de la prothèse pour réduire la profondeur de la hanche ;
  • des orthèses plantaires si la protrusion acétabulaire est associée à une inégalité des jambes, pour faciliter la marche et prévenir l'évolution de la coxarthrose.

Protrusion discale

Entre chaque vertèbre, se trouve une structure souple et partiellement fluide, appelée le disque intervertébral, qui permet :

  • le mouvement et la souplesse de la colonne vertébrale ;
  • l'absorption des chocs ;
  • le passage des nerfs périphériques entre les vertèbres.

La protrusion discale correspond au bombement de ce disque qui déborde au-delà du diamètre normal des vertèbres, soit d'un côté soit sur toute la circonférence du disque. La protrusion discale est un phénomène naturel apparaissant lentement et progressivement au fil des années, suite au veillissement du disque et aux nombreuses sollicitations de la colonne vertébrale. La protrusion discale peut toucher toutes les vertèbres, mais les deux localisations les plus fréquentes sont les vertèbres cervicales et les vertèbres lombaires. 

La protrusion discale peut être totalement indolore, ou provoquer des lombalgies ou des lumbagos. Elle tend à aggraver les douleurs chez les personnes souffrant d'une sciatique. En général, elle provoque une perte globale de souplesse de la colonne vertébrale.

La protrusion discale peut être mise en évidence par des techniques d'imagerie (scanner ou IRM (imagerie par résonance magnétique)).

La protrusion discale est un phénomène naturel irréversible. Sa prise en charge vise à atténuer ses conséquences pour le patient et comporte différents éléments :

  • des médicaments antalgiques (contre la douleur) ;
  • des séances de kinésithérapie avec des exercices adaptés pour renforcer la musculature de la colonne vertébrale ;
  • la chirurgie dans les formes très sévères pouvant évoluer vers l'hernie discale.

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